Y a-t-il des avantages à être en surpoids ? Le paradoxe de l'obésité expliqué
Le titre « Le surpoids pourrait protéger votre cœur » est apparu sous diverses formes au cours de la dernière décennie et a généré une confusion considérable. La recherche sous-jacente est réelle – il existe ce qu’on appelle le paradoxe de l’obésité – mais les conclusions qui en ont été tirées sont en grande partie incorrectes. Voici ce qui se passe réellement.
Ce que dit réellement le paradoxe de l’obésité
Parmi les personnes déjà atteintes d'une maladie cardiaque, certaines études ont montré que les patients en surpoids et obèses survivaient plus longtemps et présentaient moins d'événements cardiaques aigus que les patients de poids normal avec le même diagnostic. C'est là le « paradoxe » : une affection connue pour causer une maladie cardiaque semble avoir un effet protecteur une fois qu'une maladie cardiaque est présente.
Plusieurs explications ont été proposées : les patients obèses atteints d'une maladie cardiaque peuvent être diagnostiqués plus tôt car leurs symptômes apparaissent plus tôt, ce qui leur confère une période de traitement plus longue avant un événement mortel. Ils disposent également d’une plus grande réserve métabolique sur laquelle puiser en cas de maladie aiguë. Et l’obésité à long terme modifie certaines adaptations physiologiques qui peuvent affecter spécifiquement la façon dont le corps réagit au stress cardiaque.
Ce que le paradoxe ne dit pas
Il ne dit pas que devenir obèse protège contre les maladies cardiaques. Le paradoxe s’applique à un sous-ensemble restreint de personnes obèses depuis de longues périodes et ayant déjà reçu un diagnostic de maladie cardiaque. Pour tous les autres – ceux qui tentent de prévenir le développement d’une maladie cardiaque – les données démontrent systématiquement que l’excès de poids constitue un facteur de risque important. Le paradoxe n’a rien à voir avec les personnes en bonne santé et ne doit pas être utilisé comme une raison pour éviter la gestion du poids.
Les limites de l’IMC comme seule mesure
Ce paradoxe est en partie déroutant parce que l’IMC est une mesure imparfaite. Une personne classée « obèse » peut avoir une masse musculaire élevée et une excellente forme cardiovasculaire. Une personne classée comme « de poids normal » peut avoir une graisse viscérale élevée et une mauvaise santé métabolique. Lorsque les chercheurs prennent en compte le niveau de forme physique réel et les marqueurs de santé métabolique plutôt que le seul IMC, le paradoxe disparaît en grande partie. Les personnes obèses en forme réussissent mieux que les personnes inaptes de poids normal. Les personnes obèses inaptes font pire que presque tout le monde.
Suivi de la condition physique ainsi que du poids - en utilisant quelque chose comme un moniteur de fréquence cardiaque pendant l'exercice pour vous assurer que vous travaillez réellement sur le plan cardiovasculaire - donne une image plus complète de la santé que l'échelle seule.
La recommandation constante demeure
Les chercheurs qui étudient le paradoxe de l’obésité soulignent systématiquement la même conclusion : quel que soit l’effet sur un petit sous-groupe souffrant d’une maladie cardiaque existante, la recommandation aux personnes obèses est toujours de perdre du poids, de mieux manger et de faire plus d’exercice. Le mécanisme de protection – quelle que soit sa mesure – ne contrebalance pas les preuves accumulées selon lesquelles l’obésité est à l’origine de maladies cardiovasculaires, de diabète, de lésions articulaires et d’autres affections graves.
Ce que je sauterais
J'éviterais d'utiliser le paradoxe de l'obésité pour justifier le fait de ne pas aborder le poids. La recherche ne soutient pas cette lecture. J'éviterais également de rejeter le paradoxe comme étant totalement faux : il s'agit d'une observation authentique et scientifiquement intéressante, même si l'interprétation populaire en est très exagérée.
Le point de vue honnête : oui, certains patients obèses atteints d’une maladie cardiaque survivent à des patients plus minces atteints de la même maladie, dans des circonstances spécifiques, pour des raisons qui ne sont pas entièrement comprises. Non, cela ne veut pas dire qu’être obèse est bon pour le cœur. Ces deux affirmations sont toutes deux vraies et compatibles.
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